Ma toute fin de grossesse racontée par Chéri

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« Mi février, Mélissa est une baleine, mais pas ces baleines là qu’on voit. Non, la baleine qui fait passer Moby Dick pour un petit joueur. Elle (oui Mel, pas le cachalot) a la jolie silhouette qu’elle a toujours eu, enfin… de dos. De profil c’est autre chose, c’est un beau ballon qui bouge de partout, mais avec ce joli sourire. Mais toujours tête baissée, prétentieuse, à toujours regarder son ventre (j’avais le même et j’en faisais pas tout un plat).

Tous les jours je suis prêt, je suis aux aguets. J’ai toujours de la batterie sur le téléphone, toujours en sonnerie, au cas où je ne l’entende pas pour n’importe quelle raison. Si un incendie se déclare au travail, s’il y a les croissants en salle de pause, si je découvre un nouveau jeu sur l’iPhone. Bref, rien ne me fera rater THE moment.

Ce long mois de février, où à chaque match, à chaque entrainement, chaque réunion, chaque FIFA, je guettais ce sacré téléphone. J’avais ce sentiment contradictoire, cette énorme envie qu’il sonne, pour enfin voir ce petit bout, et tellement envie qu’il ne sonne pas, par peur de cet inconnu, de cette nouvelle vie à trois.

Et à chaque fois que j’entendais ce petit « Ding », le cœur qui s’emballe, j’ai chaud, tout s’accélère, je stresse. Et en fait, non : « Amour, si tu peux prendre du pain en rentrant stp. ».

Suuuuuuuper, 20 longs jours à stresser au moindre bruit bizarre du téléphone.

Et puis, gentiment février se termine, non sans avoir perdu 2kg en gouttes de sueur. Faut pas s’inquiéter, j’en ai bien pris 10kg avec ce bon gâteau à la crème, blindé de chantilly, doublé de Nutella, le tout parsemé de petits morceaux de margarine. Hmmm ce petit dessert pâtissier qui s’appelle Couvade. Miam !

On est donc en mars. Oui, après février c’est mars (étalage de culture).

J’oublie volontairement le 1er mars. C’était un dimanche, et sur la fin, les dimanches ça faisait pas rêver. Séquestré par bibundum, les dimanches c’était canap, contraction, manger, contraction, série, contraction et voilà.

Et nous voilà lundi 2 Mars. Un simple rdv commun, sauf qu’on avait déjà projeté tous les scénarios possibles, que même Hollywood s’arracherait à prix d’or (ce qui est arrivé, mais on a tout dépensé dans la méga super géniale poussette…en plastique)

Et là, révélation, pour pas prendre trop de risque, bébé sera déclenché le lendemain, le 3 Mars. CONSPIRATION. Comme par hasard, dès le début ils prévoient le 3 mars, et pour prouver qu’ils ont raison, BIM, déclenchée le 3 mars.

Y’avait quelque chose de pas net là dedans, y’avait un hic, comme si ce quelque chose allait nous empêcher de faire des grasses matinées.

Et donc suite à ce rendez-vous, la sage femme nous a conseillé, enfin a conseillé Mel (moi je suis là, on me parle par politesse mais j’existe pas vraiment), de beaucoup marcher parce que ça pouvait déclencher le monstre. C’est affectif hein.

Du coup, la journée était vite vue. Mel a rangé tout l’appart, tout était clean, un peu trop d’ailleurs, comme si elle avait à se faire pardonner quelque chose. Mes Grasses Mat bordel !

Je rentre du travail, je m’étais déjà résigné à ne plus aller au foot. Mais solidaire, et soucieuse de ma condition physique, Mel a décidé de faire du sport et de nous emmener là haut, tout en haut de Lyon, pas loin de Marie (ça c’est pour les vrais lyonnais !)

Bon, on est pas si cons, on a pris la voiture, enfin le 4×4. Parce que oui, Mel voulait absolument se taper toutes les bosses de toutes les rues, et mêmes les trottoirs. A chaque bosse, je m’imaginais voir un petit être organique sortir. Oh cool sympa, sans péridural ! On va l’appeler Juke ! (origine biaisée de son prénom magnifique).

Hé non. Arrivé là haut, vers 20h34 (et environ 12s, je ne me souviens plus trop), c’est le début du rocky. Tam, tam tam tam, tadadam (si si en vrai, mais sur youtube ça rend mieux). Et on est parti, on marche, et on marche, et on marche.

Bon je le dis mais chut, en espérant qu’elle lira pas ça, mais j’ai bien kiffé ce moment. Petite balade sans suffoquer la pollution, à deux (ouais 2 et demi c’est bon), des photos par ci, des vidéos par là (oui instagram était déjà dans la vie de madame…), encore ce doux rêve éveillé qui continue (ah que c’est chiant d’être heureux).

Au final, courbatures après ces 12km passés. Si si, j’ai même le screenshot (fallait que j’me la pète pour dire que j’étais bilingue) sur RunStatic. On courait même à 30km/h de moyenne. Pas si mal (oui bon, y’avait un peu de voiture dedans).

Et on rentre le soir. J’ai passé une nuit, enfin si on peut appeler ça une nuit, compliquée ? Allez oui, on va dire compliquée.

J’étais allongé sur le côté, l’oeil côté oreiller, fermé, et l’autre bien ouvert. Mel ? Comme d’hab, en mode baleine échouée.

Un petit coup de collyre parce que ne pas cligner pendant 8h, c’est pas simple.

Mardi 3 mars 2015. Et voilà, c’est le moment.

La première chose que j’ai pensé au réveil c’était à peu près ça :

« La corde, la corde, me faut une corde, une chaise et une poutre solide, viiiite », ah oups, ça c’est pour mon roman policier.

« Oublie rien jerem, prends pas des chaussettes dépareillées ni trouées. Fais toi beau, aide un peu (mais seulement un peu) Mel a porté les valises pour aller à la maternité. »

Et voilà, direction Natecia.

La suite ? Oh je sais pas si j’ai envie… C’était un jour comme les autres, banal, quoique si. Peut être un peu trop rempli d’émotions et de bonheur. Ca a même dégoûté Joie tellement on était heureux, Bim dans ta face espèce de fée bizarre aux cheveux bleus ! »

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